Dans le milieu du chien, on adore les camps. D’un côté, les “tradis”, souvent taxés de tortionnaires parce qu’ils ne jurent que par le rapport de force. De l’autre, les “positifs”, parfois moqués en “Bisounours” parce qu’on imagine qu’ils règlent tout à coup de bisous et de friandises sans jamais dire non.
Chloé Fesch (Nature de Chien) racontait déjà en 2016 son propre cheminement. Comme beaucoup de pros de sa génération, elle a commencé avec le collier étrangleur et les théories de la dominance. Et comme beaucoup, elle a dû faire un énorme travail sur son ego pour admettre qu’il y avait une autre voie. Mais attention : choisir la bienveillance, ce n’est pas choisir l’absence de règles.

L’évolution : du muscle vers l’esprit
L’erreur de départ, c’est de croire que le chien veut “prendre le pouvoir”. Spoiler : votre chien s’en fiche de devenir le roi du salon. Il cherche simplement à être en sécurité, à combler ses besoins et à comprendre ce qu’on attend de lui.
Quand on comprend cela, le collier étrangleur devient inutile. Pourquoi utiliser la douleur pour obtenir une marche au pied quand on peut utiliser la motivation et la compréhension ? La solution n’est pas dans la force physique, mais dans notre capacité à nous remettre en question et à observer ce que le chien essaie de nous dire.
Le mythe du “Bisounours” : éduquer n’est pas tout autoriser
C’est là que le bat blesse souvent. On imagine que l’éducation positive consiste à attendre que le chien veuille bien faire la bonne chose pour le féliciter. C’est faux.
Un chien a besoin d’un cadre. Il a besoin de limites pour se sentir serein dans notre monde d’humains si complexe. La différence se joue sur la manière de poser ces limites :
- On peut empêcher un chien de sauter sur les gens en lui mettant un coup de genou dans le poitrail (évitement de la douleur).
- Ou on peut lui apprendre qu’en s’asseyant, il obtient ce qu’il veut : de l’attention (coopération).
Dans les deux cas, le chien ne saute plus. Mais dans le second, il a appris une règle sociale sans que sa confiance en vous ne soit entachée.

L’apprentissage par évitement : l’efficacité à crédit
Certes, faire peur au chien pour qu’il obéisse, ça va vite. C’est ce qu’on appelle l’apprentissage par évitement : le chien agit pour éviter une conséquence désagréable. Mais ce stress a un coût. Il abîme la relation, crée de l’anxiété et finit souvent par ressortir sous forme de problèmes de comportement plus graves par la suite.
À l’inverse, l’éducation moderne cherche l’équilibre. On ne cherche pas à briser la volonté du chien, mais à l’orienter. On peut tout à fait être ferme sur une règle (non, tu ne montes pas sur la table) tout en restant doux dans la forme. L’inhibition est naturelle chez les chiens, ils se fixent des limites entre eux, mais ils le font avec une lecture parfaite des signaux de l’autre. Pourquoi ne ferions-nous pas de même ?
Conclusion : Le respect pour seule boussole
Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus de savoir dans quel camp on se range, mais de savoir si on respecte l’intégrité du chien. On peut mettre des limites, proposer des règles et de la structure sans jamais avoir besoin d’étrangler ou de frapper.
Être un bon humain pour son chien, c’est être un guide fiable. Un guide qui sait dire “non” avec clarté, mais qui sait surtout dire “voici comment faire pour que tout se passe bien”. C’est ça, l’équilibre : être en accord avec soi-même, sans ego, pour le bien-être de celui qui partage notre vie.

FAQ : Pour y voir plus clair
Peut-on vraiment éduquer un chien sans jamais le punir ? Tout dépend de ce qu’on appelle “punition”. En éducation positive, on utilise la “punition négative” : on retire quelque chose que le chien veut (par exemple, on arrête de jouer s’il mordille trop fort). C’est une limite claire, mais sans douleur physique. On ne laisse pas tout faire, on retire l’accès à la récompense.
Est-ce que l’éducation positive prend plus de temps ? Parfois oui, au début. Parce qu’on apprend au chien à réfléchir plutôt qu’à obéir par réflexe de peur. Mais le résultat est bien plus solide. Un chien qui comprend la règle la respectera même quand vous n’êtes pas là, alors qu’un chien qui a peur attendra souvent de ne plus être sous pression pour “faire une bêtise”.
Mon chien est “têtu”, les méthodes douces vont-elles marcher ? Le mot “têtu” cache souvent une incompréhension ou un manque de motivation. Si on trouve ce qui passionne votre chien (jeu, nourriture, liberté), il devient soudainement beaucoup plus coopératif. Le défi est pour l’humain : être plus malin que son chien plutôt que plus fort que lui !
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