Pourquoi j’ai adopté mon chien en refuge ?

On entend souvent dire qu’adopter un chien en refuge est loin d’être agréable. Qui n’a jamais entendu dire qu’en refuge (que se soit associatif, spa, refuge, fourrière) l’accueil était loin d’être agréable ? Qui n’a jamais entendu cette histoire de chien adopté qui se serait retourné contre l’enfant de la famille ? Ou encore ce chien de refuge qui fugue ? Et ce chien adulte dont on a peur que son passé douloureux le fasse devenir agressif ?

Alors pourquoi avoir adopté mes chiens en refuge ?

Pourquoi j’ai adopté mon chien en refuge ?

Précisions :

Attention, je tiens à préciser que cet article n’est en rien une critique sur vous et votre chien. C’est juste le récit de mon expérience personnelle. C’est donc propre à mes expériences et opinions.

Quand je parle de refuge, j’englobe évidemment les spa, les refuges, les associations de famille d’accueil, ect… Je parle de ces lieux qui sont gérés, parfois avec difficultés, par des personnes souvent passionnées, qui essaient généralement à leur niveau, d’aider des animaux abandonnés.

Donc quand vous lirez ces lignes, gardez bien en tête que mon but n’est pas de vous faire la morale quant à votre choix d’avoir adopté en refuge ou acheté en élevage. Pensez également, que je suis consciente que chaque cas est différent, il se peut donc que certains de mes propos soient généralisés.

L’abandon en France :

En France, toutes les heures on abandonne plus de 11,4 animaux domestiques, soit environ 100.000 abandons par an, dont 60.000 l’été. La SPA en recueille une partie (40.000) dans 63 refuges à travers la France. À l’heure où je vous écris depuis le mois de janvier 2018, il y a eu 84 115 abandons !

Ces statistiques sont plus qu’alarmants, surtout quand on sait aujourd’hui, combien de foyers décident de laisser naître des chiots chez eux, sans réelle régularisation. La plupart des chiens abandonnés en France, sont des chiens croisés. Ils ne viennent donc pas forcément des élevages, mais bien de nos foyers aimants.

Les raisons d’abandons sont souvent les mêmes, qu’elles soient d’ailleurs vraies ou non :

  • déménagement (et vous laissez vos enfants aussi ?)
  • travail (vous ne travailliez pas avant d’avoir un chien ou ne l’aviez pas envisagé ?)
  • allergie (c’est fou le nombre d’allergies qui se déclarent quand le chien arrive à la puberté !)
  • départ en vacances (ça non plus, ce n’était pas prévu avant d’adopter ?)
  • mauvais comportements du chien (dans 99% des cas, le mauvais comportement comme les destructions, les souillures, les vocalises et l’agressivité, ait dû à la méconnaissance de ce qu’est un chien, donc à l’incompétence ou l’incompréhension du maître et de ses idées reçues)
  • etc.

En fait, peu importe la raison évoquée. Le problème est bien plus profond. La plupart des familles ont une idée faussée de ce qu’est un chien. L’abandon est donc dû à une désillusion et/ou une perte de motivation chez les maîtres. En effet, l’image du chien de bonne famille est souvent celle qui suit : un chien est un dispensaire à caresse, qui doit toujours aimer et protéger les enfants, ne doit jamais pouvoir montrer son désaccord, il doit donc toujours être tolérant. En plus de cela, le chien devra nous sauver de la noyade et du feu. Il doit toujours montrer l’exemple du bon chien de famille même en extérieur. C’est un chien qui doit toujours nous aimer quoi qu’il arrive…

Cela vous paraît caricatural ? C’est pourtant l’idée générale que l’on se fait du chien. Alors qu’un chien est avant tout un être vivant, qui devrait un minimum pouvoir s’exprimer, et surtout vers lequel on a des devoirs de protection, des devoirs sociaux et de respect de ses besoins (activités tous les jours, alimentation, etc.).

C’est donc l’incompréhension de base qui fera qu’un chien se fera abandonner.

Les “mauvais chiens”

Les chiens abandonnés pour leurs mauvais comportements ne doivent pas être jugés. En effet, vous ne savez pas la vie qu’ils ont eu avant. Qu’est-ce qui les a poussé à devenir agressifs ? Destructeurs ? Malpropre ? Ont-ils été correcteur socialisés ? A-t-on respecté entièrement tous leurs besoins ? Ce n’est généralement pas le cas. Trouver où est la “faille” et remettre le bon cadre qui correspondra à chaque chien, permettra d’effacer les mauvais comportements du chien.

Une nouvelle famille pour un nouveau départ. Le principal est d’y croire et surtout de le vouloir. Ils ont le droit à une deuxième chance. N’ayez pas honte de faire appel à un éducateur-comportementaliste canin pour vous aider dans la démarche !

Alors pourquoi j’ai choisi d’adopter en refuge ?

L’adoption est pour moi un acte qui ne doit pas se baser sur l’égoïsme. C’est-à-dire, qu’on devrait toujours pouvoir se poser la question suivante : “Suis-je prêt pour être responsable d’un être vivant 365 jours par an, de pouvoir le respecter dans tous ses besoins et émotions quoi qu’il arrive ? Suis-je prêt à être tolérant afin d’amener mon futur chien sur la route de l’apprentissage ? Et ça jusqu’à la fin de sa vie ? “

Je suis famille d’accueil depuis maintenant 7 ans. Et j’ai eu l’occasion d’avoir de nombreux chiens et chiots à la maison. Le constat est sans appel. Les chiots partent très rapidement, alors que les adultes n’attirent presque personne. Et encore moins, les chiens à problèmes.

Pour ma part, je trouve que la capacité d’un chien à aimer, ne s’amenuise pas avec le temps. Simplement, contrairement à un chiot, cela peut parfois demander un peu plus de travail et de temps. Mais c’est aussi une merveilleuse aventure qui se partage à deux !

J’ai toujours été sensible à l’adoption. Et c’est pourquoi je me suis engagée dans cette voie. Adopter un animal, c’est en sauver deux. Celui qu’on adopte et celui qui prendra sa place au refuge.

Adoptions qui ont changé ma vie

Aujourd’hui, tous les animaux de ma maison (mes deux chiens, furets, chat) sont le fruit d’adoptions. Ils ont tous changé ma vie, pour quelque chose de toujours meilleure !

Ma toute première adoption (et non pas mon premier chien), fût celle de mon husky Bambou. C’est je crois, Le chien de ma vie. Notre complicité n’a pas d’égale. Il est ma famille, mon ami. Adopté à l’âge de deux ans, il n’a pas eu la vie facile, et il a une maladie génétique qui devait le faire mourir vers l’âge de 5 ans. Il va aujourd’hui sur ses 9 ans. Il me suit presque partout. Il a partagé avec moi mes peines, mes joies. Et il en partagera encore longtemps, j’en suis sûre ! Il m’aide également dans la vie de tous les jours. En effet, je suis diabétique et il peut sentir quand je fais des hypoglycémies. Quand c’est le cas, il me prévient grâce à un apprentissage que nous avons mis en place. C’est pour moi un chien extraordinaire.

Mon deuxième chien, pris à la SPA de Toulouse, est Dexter ! Adopté à 4 ans, il va aujourd’hui sur ses 8 ans. Chiens réactifs congénères, il m’assiste aujourd’hui sans prétention en éducation. Il me suit quand je donne des formations à Toulouse, Bordeaux et Paris. C’est un chien avec un bonne personnalité, qui ne manque pas de me faire sourire tous les jours. D’un chien n’aimant pas les contacts humains, il est passé progressivement à un chien qui adore les gens qu’il croise. Il a fallu lui prouver tous les jours qu’on ne lui ferait plus jamais de mal. Et je crois pouvoir le dire, il a bien compris. C’est un complice de tous les jours !

Mes chiens ont tous les deux un très lourd passé. Pourtant aujourd’hui, ils ont repris du poil de la bête. Ils ont leur personnalité que j’accepte avec plaisir, parce que mes décisions d’adopter étaient réfléchies. Et surtout, je leur ai laissé du temps pour apprendre à m’aimer. Je ne suis pas parfaite, ils n’ont pas à l’être non plus. Je ne dis pas que c’est facile. Mais c’est une aventure qui en vaut le coût !

Mes chiens partagent ma vie et j’espère de tout mon cœur, qu’ils vivent la leur un maximum chaque jour qui passe. Pour eux, mon horloge de la tendresse n’a pas une seule seconde de retard. Je n’ai jamais eu aucun regret, si ce n’est de ne pas pouvoir en sauver plus.

Comment trouver un refuge ?

Il existe des refuges, des spa, des associations dans tous les coins de la France. C’est à vous de faire les démarches pour trouver l’association qui vous correspondra, mais surtout le coup de cœur qui pourra entrer dans votre vie. Vous pouvez en trouver sur internet ou demander à votre mairie.

Parfois, adopter est un réel combat pour les adoptants, car ils se retrouvent face à un mur. Dites vous que malheureusement, des tas de cœurs tendres vous attendent, et qu’un refus est peut-être le signe que le chien de votre vie n’était pas celui-là. Mettez-vous également en tête de le faire pour l’animal, et non pas forcément pour l’association, surtout si vous avez été déçu !

Voici quelques associations pour adopter partout en France :

Du côté de Toulouse où je suis :

Il existe bien évidemment beaucoup d’autres associations pour adopter des chiens. Prenez contact avec eux, faites famille d’accueil (ce sera le sujet d’un autre article très prochainement !).

Sauvez deux vies : celle que vous adopterez, et celle qui prendra sa place au refuge ou en famille d’accueil !

Je clos cet article et le planetoscope m’indique, que depuis le début de celui-ci ont été abandonné 12 animaux dans ma région. N’achetez pas. Adoptez.

Article rédigé par :

Hélène

Rédactrice Canidélite par Nature de Chien

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