Education canine : La limite entre maltraitance et fermeté ?

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Il suffit de se balader sur internet pour se rendre compte que différentes méthodes d’éducations existent et sont parfois fortement critiquées, jugées maltraitantes pour le chien. Alors comment trouver la limite entre la « fermeté » parfois nécessaire et la maltraitance ?

C’est à l’éducateur canin de connaître la limite

En éducation canine, il existe beaucoup de méthodes, beaucoup de techniques et beaucoup d’avis différents. A croire que seule la méthode qui fonctionne est celle qu’on utilise. Pour ma part, je suis formatrice au métier d’éducateur canin comportementaliste depuis 2012 et même si je forme tous mes stagiaires de la même façon, je me suis rendue compte avec le temps que chacun recevait mes enseignements de manière différente et en fonction de leurs ressentis. Cela m’a permis de comprendre que ce n’est pas “la méthode” qui fait l’éducateur canin mais l’éducateur canin qui trouve sa propre approche.

Certaines personnes ont une sensibilité très (voir trop) développée et seront plus sujettes à utiliser des approches douces, sans conflit. D’autres en revanche, sont davantage (voir trop là aussi) dans la dualité et une approche plus “ferme” de l’éducation se fera ressentir. C’est pourquoi lors des formations Nature de Chien nous mettons l’accent sur le travail sur soi et sur la nécessité de contrôler ses émotions et de les comprendre afin d’avoir un regard juste sur soi même, afin d’avoir une vision juste du chien et de la situation en générale. Cela n’a pas pour objectif de former des éducateurs canins identiques et conformes mais cela permet à mes stagiaires de comprendre comment évoluer et se perfectionner. Bien entendu, là encore chaque personne suit son propre chemin et avance à son rythme.

Une limite à ne pas franchir

Alors comment trouver la limite à ne pas franchir en éducation pour respecter le chien et son bien-être ?

Dans toute éducation, une part de fermeté est nécessaire. A ne pas confondre avec la brutalité, la fermeté est ce qui représente la confiance en soi pour guider un chien et lui permettre de se sentir protégé en notre présence. Dès l’instant où l’on constitue un groupe, certaines règles doivent être mises en place pour organiser ce groupe, pour le bien-être et la sécurité de tous, humain ou canin. Ces règles peuvent être mises en place avec respect et cohérence et il faut être “ferme” et surtout cohérent quant à la mise en place de ces règles.

Quelque chose qui est autorisé doit être autorisé et quelque chose qui est interdit doit l’être tout le temps. En tant qu’éducateur canin, l’une des missions principales est de permettre au maître de devenir un guide pour son chien, c’est à dire comme un parent avec son enfant, il doit mettre des limites et les faire respecter avec bienveillance, confiance et assurance. Mais ces règles doivent être apprises et respectées sans passer certaines limites au risque de tomber dans une relation maltraitante. Et là, tout est une question de dosage, d’équilibre à trouver entre les besoins du chien, l’attitude du maître, les règles de vie et les règles éducatives.

Par exemple, nous n’aurons pas la même attitude entre l’éducation d’un chiot Bichon de 4 mois et la rééducation d’un Malinois de 5 ans devenu agressif. D’ailleurs chaque chien, peu importe sa race, aura son propre caractère et il faut savoir s’adapter à cela pour être efficace.

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Savoir lire son chien et se connaître soi même

En somme, pour savoir où est la limite entre maltraitance et fermenté il suffit de savoir lire le chien et savoir s’adapter à chaque chien individuellement. Il ne faut donc pas chercher à appliquer une méthode unique sur chaque chiens rencontrés mais avoir suffisamment d’outils et de perspicacité pour savoir s’adapter. Après, tout est une question de ressenti et d’analyse de la situation.

Pour vous donner un exemple, il m’a été donné dernièrement de travailler avec un chien qui avait mordu l’enfant de la famille au visage, étant moi même maman, il a réellement fallu que je fasse un travail sur mes propres émotions car le bien-être du chien est important mais la sécurité des enfants dans cet exemple a plus de valeur à mes yeux. Il m’a fallu être « ferme » avec ce chien et avec ses maîtres dans un souci de bienveillance et de bientraitance. Le chien n’a jamais été violenté ou traumatisé bien évidement mais des règles très strictes ont été mis en place à la maison pour que les maîtres récupèrent la gestion des ressources que le chien s’était approprié. Évidemment, ce chien ne s’est pas montré coopératif mais nous n’avons pas lâché, tout en mettant l’accent sur les bons comportements, nous avons réussi à rétablir un équilibre dans la relation maître/chien. Cette étape difficile de l’éducation de ce chien ou plutôt de sa rééducation à été très positive car aujourd’hui le chien et sa famille humaine vivent parfaitement bien ensemble.

Autrement dit, dans certains cas, l’éducateur canin doit se montrer ferme mais il ne doit jamais passer la limite de la maltraitance, à lui d’avoir suffisamment de clairvoyance pour savoir quelle limite ne pas franchir.

Chloé Fesch de Nature de Chien

 

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