Décoder les étiquettes des aliments pour chien

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Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver quand on cherche LE bon aliment pour son chien. En effet, lire une étiquette de croquettes ou de pâtées peut relever du véritable challenge car il est plutôt difficile de faire la part des choses entre un argument marketing et une véritable information nutritionnelle à laquelle on peut se fier pour faire le bon choix.

Voici de quoi y voir un peu plus clair…

Décoder les étiquettes des aliments pour chien

Attention aux mentions « trompeuses »

Votre emballage de croquettes affiche une photo d’un chien qui se lèche les babines devant une belle cuisse de poulet ? En plus, il est indiqué que vous avez affaire à des croquettes « au poulet » ? Ni une ni deux, vous pensez qu’il s’agit d’un aliment qui doit forcément en contenir une bonne quantité, de ce fameux poulet. Eh bien, pas forcément !

Sachez que la loi autorise les fabricants à mettre en avant un ingrédient sur le packaging d’un produit au travers d’un visuel ou de la mention « au poulet » dès lors que le produit en contient…entre 4% et 14%. C’est assurément bien peu par rapport à ce que vous pensiez acheter. Pas vrai ?

Il est donc important, en tant qu’acheteur, que vous soyez en mesure de faire une analyse critique des étiquettes des aliments que vous proposerez à votre chien. Pour ce faire, il faut apprendre à décoder les subtilités du vocabulaire employé par les industriels.

Apprenez ainsi que les mentions « au goût de …», « contient du ou de la… », « aromatisé au … », vous garantissent que votre produit contient entre 0 et 4% de l’ingrédient dont il est fait mention.

Pour acheter un produit qui contient entre 14 et 26% d’un ingrédient, cherchez plutôt la mention « riche en… » et pour un produit à 100% de l’ingrédient en question, trouver la mention « tout… ».

Soyez conscient cependant que vous ne trouverez pas sur le marché de croquettes « 100% viande » car il est techniquement impossible de produire une croquette « tout viande » et qu’une telle croquette ne serait, de toute façon, pas adaptée aux besoins nutritionnels de votre chien !

Les mentions à vérifier sur l’emballage

Au-delà des allégations évoquées ci-dessus, il y a surtout 3 éléments à prendre en compte et à bien vérifier sur l’emballage d’un paquet de croquettes ou sur la boite d’une pâtée pour chien :

  • La mention « aliment complet »

Un aliment complet est un produit qui va suffire à lui-seul à nourrir un chien sans rien ajouter d’autre à sa ration. Cet aliment doit lui apporter tous les nutriments, les minéraux et les vitamines dont l’animal a besoin au quotidien. Cette mention est généralement toujours présente sur les emballages de croquettes mais ce n’est pas toujours le cas sur les boîtes de pâtées. Soyez donc vigilant sur ce point.

  • La liste des ingrédients

Obligatoire sur tous les emballages d’aliments pour chien, la liste des ingrédients renseigne sur la nature des ingrédients qui entrent dans la composition de cet aliment. Elle peut donc être très instructive.

Plusieurs éléments sont à prendre en compte pour bien l’interpréter :

  • Au sein de cette liste, les ingrédients sont rangés du plus au moins abondant. Autrement dit, les premiers ingrédients cités ont de grandes chances d’être les plus présents dans le produit fini. Mais attention, il s’agit du classement des ingrédients avant cuisson. Autrement dit, si l’ingrédient N°1 est un aliment riche en eau et que le procédé industriel de cuisson est très poussé (comme de la viande fraîche dans des croquettes, par exemple), l’importance de cet ingrédient peut être réduite à peau de chagrin dans le produit fini à cause de l’évaporation induite par la cuisson.
  • Les ingrédients cités au sein de cette liste peuvent également être plus au moins précis selon les fabricants. Ainsi, un fabricant A de pâtées pour chien a tout à fait le droit d’écrire « viande » dans sa liste d’ingrédients, là où fabricant B écrira « viande de bœuf ». Les deux fabricants sont alors dans leur droit. La seule différence réside dans le fait que le fabricant B s’engage à fournir uniquement de la viande de bœuf dans son produit, là où le fabricant A pourra utiliser indifféremment de la viande de poulet, de bœuf, de porc, de cheval…ou pourquoi pas de kangourou si tant est que les valeurs nutritionnelles déclarées sur le paquet de produit restent les mêmes. La solution B est cependant bien plus transparente pour le consommateur et pour ce dernier, il est préférable de s’orienter vers ce type de produit.
  • Plus de précision dans les ingrédients, c’est plus de transparence mais c’est aussi une information plus diluée et plus « éclatée » au sein de la liste des ingrédients. Là où un intitulé général regroupant plusieurs ingrédients (de type « céréales ») se retrouverait en tête de liste, des intitulés plus précis (comme « maïs », « blé”, « riz »…) chuteraient au sein du même classement…Le niveau de précision de l’industriel, c’est donc parfois dû à sa volonté de mieux renseigner le consommateur et d’autres fois, de noyer un peu le poisson…d’où l’importance de bien lire l’ensemble de la liste des ingrédients, de ne pas prendre la règle du « 1er ingrédient le plus abondant » toujours au pied de la lettre et de croiser les informations de la liste des ingrédients avec celles des constituants analytiques.
  • Certains intitulés d’ingrédients sont un peu opaques pour un consommateur non averti mais leur usage est strictement encadré par la loi européenne. Parmi ces intitulés, on retrouve souvent le terme de « sous-produits animaux » utilisés comme ingrédients de base des croquettes ou des pâtées. Ce terme désigne les premières carnées restantes sur les carcasses et que les industriels récupèrent après voir prélevé les morceaux « nobles » destinés à l’alimentation humaine. Cet intitulé est certes très vague mais en aucun cas, il ne désigne les plumes, les poils, cornes, sabots ou les laines…comme le laissent à penser certaines légendes urbaines qui ont la vie dure. Ces sous-produits animaux peuvent en revanche contenir beaucoup de cartilage et d’os car la règlementation n’impose que ces produits ne soient composés que de 15% de tissus viandeux, ce qui, il est vrai, ne garantit pas forcément une matière première de bonne qualité. Tous les autres intitulés utilisables par les industriels sont définis dans le guide de bonne pratique élaboré par la FEDIAF, la fédération européenne de l’industrie du Pet Food… à retrouver sur le site de la fédération ou de la Commission européenne (à lire si le cœur vous en dit en anglais, en espagnol ou en Slovénie…) !

Attention !

Certains fabricants d’aliments ne sont pas basés en Europe et profitent d’une réglementation moins stricte pour rendre les intitulés d’ingrédients plus attrayants. Là où un industriel européen devrait légalement écrire « sous-produit », son homologue américain peut écrire « viande ». Le pays de production de l’aliment de votre chien a donc aussi son importance.

Les constituants analytiques

Il s’agit du troisième et dernier point à vérifier sur l’emballage d’un aliment pour chien. Ces constituants comprennent la mention du taux de protéines, de matières grasses ainsi que les taux de fibres et de minéraux (les cendres) contenus dans les croquettes.

Les pâtées affichent en plus le taux d’humidité du produit, c’est-à-dire sa teneur en eau.

Ces informations permettent d’adapter l’aliment aux besoins particuliers du chien et donnent des indices sur la quantité et la qualité des matières premières animales utilisées pour leur fabrication. Préférez les aliments les plus riches en protéines possible, les moins riches en cendres possible (moins de 12%) et dont les protéines sont apportées en majorité par des matières premières d’origine animale citées les plus précisément possible dans la liste des ingrédients.

1 thought on “Décoder les étiquettes des aliments pour chien”

  1. Je trouve votre article intéressant, car il est nécessaire d’aider les propriétaires de chiens à bien lire les étiquettes. Mais bien lire les étiquettes ne suffit pas, car un composant essentiel n’est jamais indiqué : le taux de glucides. Et pour cause, les fabricants ont obtenu de l’UE, en dépit du bon sens, que sa mention ne soit pas obligatoire.
    Les glucides sont pourtant beaucoup trop présents dans la plupart des croquettes (chats comme chiens), y compris celles des marques vendues chez les vétérinaires. La composition analytique de la plupart des croquettes ressemble assez à celle de hamburgers de fast-food ou de barres chocolatées : du sucre et du gras. Les glucides représentent une grande part, et parfois même la majorité des composants des croquettes.
    Chacun gagnerait à regarder le documentaire produit par la 5, facile à trouver sur le web (Quelles croquettes pour nos bêtes?) ; le silence abyssal du lobbyiste pro-croquettes face à l’insistance de la journaliste « mais pourquoi les fabricants n’indiquent pas le taux de glucides sur les paquets ? C’est pas plus simple de tout écrire sur le paquet ? » est un morceau d’anthologie, extrêmement parlant. Ce professionnel a un bagout d’enfer, un discours hyper rôdé et là… tout une meute d’anges a le temps de passer tranquillement : le lobbyiste était prêt à tout… sauf à cette question-là !
    Il existe un moyen simple d’évaluer le taux de glucides d’un paquet de croquettes : on part du taux global (100%) et on en retire les taux : de protéines brutes, de lipides (matières grasses), de fibres (ou cellulose brute), de cendres (ou matières minérales) et d’humidité. Si le taux d’humidité n’est pas indiqué, on compte 10% à la louche ; idem pour les fibres (3% en moyenne) et pour les cendres (8% en moyenne)… Le reste de la soustraction, c’est le taux de glucides (donc de sucres).
    On a aussi tout intérêt à fréquenter un super site qui décortique les étiquettes pour nous ; son nom commence par alertes et finit par croquettes.
    Enfin, quand on commence à se poser des questions au sujet de cette manipulation des industriels pour taire le taux de glucides, on découvre que l’essentiel des croquettes est produit par Mars, Nestlé et Colgate (de Roy.Can. à Sheb., en passant par Purin., Frisk., Hill., Pedigr., etc.). Ca donne un autre regard sur la jolie photo du paquet de croquettes, non ?
    Séverine

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